Suivi de la campagne de crowdfunding du jeu de tarot Requiem

23 août 2026Culture Geek

Comment on se retrouve à produire un tarot divinatoire avec l’un des plus grands illustrateurs de dark fantasy français ?

Petit retour en arrière, et surtout un premier bilan très concret.

Avec mes associés Hervé et Laurent, tous les deux issus comme moi du jeu vidéo, on s’intéresse depuis longtemps aux IP françaises de l’imaginaire qui mériteraient d’exister au-delà de leur support d’origine. De mon côté, j’avais ma propre liste, tirée de ma bibliothèque personnelle. Des œuvres que je rêvais d’adapter un jour comme Requiem et Les Chroniques de la Lune Noire. Mais on n’avait jamais vraiment creusé le sujet.

Et puis le hasard s’en est mêlé : grâce à mon ami Charles Etienne, j’ai rencontré Olivier Ledroit en personne le 5 novembre 2025, lors d’une exposition dans la galerie Barbier à Paris. Ce jour-là, l’idée d’un tarot n’était même pas sur la table, juste une conversation entre passionnés avec un artiste considéré par beaucoup comme le père du style gothique dans la bande dessinée française.

Olivier s’est montré partant pour une adaptation. Ma première idée a naturellement été de foncer sur un concept de jeu vidéo et une recherche de financement, c’est notre métier, on sait faire. Mais on l’a déjà vécu : les chances de réunir un financement à la hauteur d’un jeu vidéo AA restent minces, même avec la meilleure IP du monde. Je voulais une première étape moins coûteuse, plus rapide à concrétiser, et surtout un moyen de tester réellement l’engouement de la communauté avant de viser plus grand.

La réponse est venue d’une lecture. En feuilletant le premier art book d’Olivier, préfacé par Alejandro Jodorowsky qui parle du tarot, je découvre qu’Olivier s’est inspiré du tarot pour les toutes premières couvertures de Requiem. J’ai proposé l’idée à Olivier qui, partant, m’a rapidement mis en relation avec son éditeur : Olivier Galli chez Glénat. 

Ce point est crucial car dans notre approche avec Hervé et Laurent, on a rencontré beaucoup d’auteurs motivés mais jamais on a pu parler avec un éditeur qui nous a donné son go. Ici donc, les deux Olivier sont alignés et le projet a pu se faire.

On s’est entourés pour faire les choses sérieusement : TCA pour structurer la stratégie de financement participatif, Nicolas Aubry de Synergy Games pour chiffrer la production. Et un maillon essentiel : Lola, la fille d’Olivier, qui travaille sur la maquette des cartes depuis le début et donne au tarot sa cohérence visuelle, carte après carte.

La partie que je voulais surtout partager ici

J’écrivais il y a un mois ce que j’attends d’un plan de communication : une cible et un objectif chiffré, un agenda de croissance avec des points d’étape, un tableau d’expérimentations comparables, et le courage d’abandonner ce qui ne marche pas. Ce projet est en train de me servir de cas pratique, j’ai fait un doc de présentation du plan de com selon le modèle de l’article pré-cité.

Cible et objectif posés au départ : les fans de Requiem et d’Olivier Ledroit, 500 backers d’ici fin novembre. Un agenda de croissance daté : 200 inscrits visés au 27 juillet (raté de 2 jours, atteint le 29), 500 visés au 31 août (567 à ce jour, objectif dépassé).

Côté expérimentations, nous avions imaginé plusieurs leviers mais pour l’instant un seul a été activé jusqu’ici sur le mois d’Août : les publications d’Olivier sur ses propres réseaux. Et il a explosé le seuil de succès qu’on s’était fixé. Au moins, ce mois d’août et les posts d’Olivier définissent désormais une mesure de référence. On sait le temps que nous prend de préparer un post et le succès à attendre. Toutes nos autres communications pourront être jugées par rapport à cette action.

Mais le vrai apprentissage n’est pas celui que j’attendais. Ce n’est pas la portée d’un post isolé, aussi fort soit-il, qui convertit le mieux : c’est la régularité avec laquelle on parle du projet, semaine après semaine. Exactement la distinction que je faisais dans mon article entre une opération « coup » et une opération « longue traîne ».

La suite s’écrit avec vous si vous voulez suivre la campagne

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